La grande arnaque nationale.

     Pour répondre à la crise des Gilets jaunes, provoquée on s’en souvient par la hausse intempestive du prix des carburants, le Président de la République a annoncé la tenue prochaine d’un grand débat national sur diverses questions abordées depuis par les manifestations populaires de ces dernières semaines.

 

     Le projet gouvernemental pour le « grand débat ».

 

     C’est pourquoi, le ministre délogé à coups de chariot élévateur dans la porte de son loft parisien a pensé, au nom d’un gouvernement dont il rapporte la sainte parole que cette consultation porterait sur "les quatre thèmes qui ont été identifiés : la transition écologique,  l'organisation des services publics (...), la fiscalité" et les questions démocratiques » a-t-il déclaré le 8 janvier.

 

     Plus officiellement, le gouvernement a fixé quatre thèmes :

 

 

        • Mieux accompagner les Français pour se loger, se déplacer, se chauffer,

        • Rendre notre fiscalité plus juste, plus efficace, plus compétitive,

        • Faire évoluer la pratique de la démocratie,

        • Rendre l'Etat et les services publics plus proches des Français et plus efficaces.

 

 

    Mais Benjamin Griveaux, a précisé que ni le droit à l'interruption volontaire de grossesse, ni l'interdiction de la peine de mort, ni le mariage pour tous ne seront sur la table du grand débat national car, a-t’il ajouté : « On ne tergiversera pas sur les valeurs ».

 

     Le « grand débat » en question.

 

     Un autre problème à propos de ce « grand débat national » voulu par Jupiter dans un coup de poker fort risqué surgit dans la division manifeste aujourd’hui du gouvernement sur cette question. Les uns veulent un débat encadré pour éviter les dérives d’une boîte de Pandore libérée ; les autres, au contraire, désireraient une discussion sans barrières pour ne pas encourir le reproche de tenter de manipuler l’opinion.

 

     Là-dessus vient se greffer la démission inopinée de Mme Chantal Jouanno, le 8 janvier aussi, censée diriger l’affaire, avant même l’ouverture des hostilités. Mme Jouanno était cependant toute indiquée pour organiser ce débat, puisqu’elle préside la Commission nationale du débat public (CNDP). Mais là où ça coinçait, c’est qu’elle percevrait un salaire de 15 000 € par mois à peu près, ce qui est gros – certes- mais dans la moyenne de ce que perçoit un président de commission « ordinaire ». Il est vrai, cependant, qu’au moment où les GJ réclament une revalorisation sérieuse des retraites comme du SMIG, 15 000 € par mois pour une dame qui devrait organiser la discussion autour des revendications des manifestants du samedi, ça coince, c’est sûr.

 

     Bref, c’est mal parti pour cette tentative jupitérienne de reprendre ses ouailles en main. Et ça l’est d’autant plus que Griveaux a bien dit que ni la peine de mort, ni l’avortement, ni la loi Taubira, ni l’IVG ne seront des thèmes de discussion de ce « grand débat national » : « on ne tergiversera pas avec les valeurs » a-t-il averti.

 

     L’avortement qui a cessé aujourd’hui d’être un acte thérapeutique pour devenir un moyen de confort personnel, le « mariage pour tous », véritable boîte de Pandore depuis 2013 au point d’avoir déstabilisé notre société en lui imposant des pratiques qui heurtent profondément son subconscient culturel, sont donc des « valeurs » pour M. Griveaux. Oui, pour M. Griveaux seulement. Mais pas pour les Français, comme en ont témoigné les discussions autour de la PMA en 2018.

 

     Ce que le Peuple veut maintenant …

 

     Il y a plus. Les GJ ont soulevé une quarantaine de problèmes à identifier et discuter.      Dans cette liste, on trouve :

        • Les questions liées à l’immigration et au droit d’asile,

        • Le problème des SDF et de la pauvreté dans notre société,

       • La question des retraites : pas de retraite à points et pas de pension en dessous de 1 200 € ; SMIG à 1 300 € net.

       • Indexation automatique des salaires et des pensions sur l’indice des prix à la consommation.

           • Le développement du logement social.

 

     Voilà pour les revendications plus récurrentes. Manifestement, le gouvernement est loin du compte avec sa « transition écologique », le dada des bobos, ou « rendre l'Etat et les services publics plus proches des Français », ce qui est ici se payer de mots.

 

     Macron va passer encore une fois à côté de ce qui inquiète les Français, ceux des petites villes de province, des villages, des paysans, des ouvriers et des petits artisans ou du petit commerce. Des gens comme tout le monde qui galèrent pour joindre les deux bouts et qui en ont assez de payer pour le Château.

 

     Ce « grand débat national » ? Une arnaque en perspective, une de plus