L’apartheid dans l'Education nationale

Mme Claire POLIN de SOS-Education.

   Le texte ci-dessous que nous relayons nous a été communiqué par Mme Claire Polin qui préside l'association « SOS Éducation »[1].  Il est dans la continuité de notre texte « Antiracisme - Discrimination à rebours », publié ici dans la même rubrique.  Cela nous étonne toujours et encore : qu’un syndicat enseignant, dit de gauche, voire gauchiste, sans doute aussi inspiré par le Parti des Indigènes de la République, ait une conduite raciste, en l’occasion une attitude ségrégative ouverte et affichée, ne peut que nous interpeller sur la qualité de pédagogues des dits enseignants.  

    Chère amie, Cher ami,

   Je vous ai déjà parlé de l’écriture inclusive. D’un manuel scolaire écrit dans cette « langue ». D’un manuel de maths qui remplace le mot « problème » par le mot « phare ». Derrière ces initiatives, il y a des pédagogues sectaires et grotesques.

   Et il y a mieux ou pire -c’est selon- que les pédagogues : des profs indignes d’enseigner. Des profs qui devraient être écartés de l’Éducation nationale pour leur frénésie militante. 

   On nous apprend ainsi que le syndicat enseignant Sud-93 a prévu d’organiser un séminaire de formation pour ses adhérents. Il sera divisé en deux ateliers. L’un réservé aux personnes supposées être victimes du racisme d’État - ils disent « personnes racisées » - et dont les Blancs sont bannis. Un autre dédié à ceux qui n’ont pas la bonne couleur de peau, c’est-à-dire aux Blancs. 

   En d’autres temps, on aurait appelé ça l’apartheid. En Afrique du Sud, on parlait, à une certaine époque, du « développement séparé des races ». Et aux États-Unis, avant que l’action de Martin Luther King y mette fin, il y avait dans les bus d’Atlanta des places prévues pour les Noirs, afin qu’ils ne s’asseyent pas près des Blancs. Ça portait un nom : la ségrégation raciale. 

   Mais quand c’est le syndicat Sud qui fait la même chose, il n’est pas qualifié de raciste, car il est de gauche ! Pour bien saisir l’immensité burlesque de ce projet il convient d’aller sur le site du syndicat et de voir l’énoncé du séminaire prévu pour les 18 et 19 décembre à Saint-Denis.

  • « Au croisement des oppressions, où en est-on de l’antiracisme à l’école ? ».
  • « Qu’est-ce qu’un.e élève racisé.e ? ».
  • Discussions sur les « inégalités ethno-raciales ».

 

   Vous en voulez encore ? On ne va pas vous en priver. Des enseignants blancs, dans leur huis clos, sont invités à « interroger leurs représentations et leurs postures dominantes ». Sud-93 ne précise pas si ce sont les enseignants racisés ou les « élèves racisés » qui sont victimes de ces postures dominantes. Pas plus que le syndicat n’éclaircit le sort réservé aux enseignants juifs : racistes ou racisés ? 

  Ce qui est insupportable, c’est que ces profs-là ont quotidiennement contact avec nos enfants. Que font-ils avec eux ? À quel bourrage de crâne se livrent-ils ? Vont-ils dans les classes faire des bancs séparés pour les élèves noirs et arabes et d’autres pour les élèves blancs ? M. Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a vite compris les intentions tordues des ateliers de Sud 93. Il a annoncé qu’il allait porter plainte contre cette démarche « anticonstitutionnelle et inacceptable ». 

   S’il veut s’occuper de tous les profs hystériques et ignares appointés par son ministère, il a du pain sur la planche. Il devrait s’intéresser également aux enseignants, assez nombreux, qui animent un site du nom de CVUH (Comité de Vigilance contre les Usages publics de l’Histoire). Ce site a deux mamelles. Pas le labourage et le pâturage chers à Henri IV et à Sully. C’est bien trop vieillot... 

   L’une des mamelles consiste à laver l’enseignement de l’Histoire de la souillure du « roman national ». Vous savez, Vercingétorix, Clovis, Louis XIV, Napoléon, Ferry, Clémenceau, etc. 

   L’autre mamelle, la plus abondante, la plus nourricière, porte le nom d’« Histoire plurielle » et proclame que la France ne peut pas être la France si elle ne s’adapte pas aux populations qui y résident. Aller sur ce site est une tâche fastidieuse. Mais parfois on est récompensé de ce dur labeur : en ouvrant l’huître du CVUH, on peut y trouver des perles... 

   Voyons ensemble le texte d’une des contributrices de ce site. Elle exige que les cours d’Histoire fassent la part belle à l’étude des empires médiévaux africains Songhaï et Monopata. Et c’est ainsi qu’elle écrasait ces franchouillards, adversaires de l’« Histoire plurielle » : « Le petit Mohamed ou le petit Mamadou ont quand même le droit de rêver : le petit Corse Napoléon ne fut-il pas un modèle d’“intégration réussie” ? Ils pourraient aussi rêver de repousser Charles Martel à Poitiers ? ». Je ne suis pas convaincue que le but de l’enseignement de l’histoire soit de faire rêver « Mohamed et Mamadou ». En revanche, je suis certaine que la finalité de l’école est qu’on y apprenne quelque chose. Et selon moi, voilà ce que pourraient apprendre sur la France Mohamed, Mamadou, Pierre, Paul, Jacques, Eytan, Sarah, Artem, Julio, Igor, Mercedes et Natacha. 

   La France, c’est une comptine : « Vendôme / Mes amis, que reste-t-il à ce Dauphin / Si gentil / Orléans, Beaugency / Notre-Dame de Cléry / Vendôme, Vendôme. » Je n’ai pas voulu essayer de remplacer ces noms par ceux de quelques localités de Songhaï et Monopata... La France, c’est une barricade : celle où tombe Gavroche. La France, c’est Léopold Sédar Senghor, Sénégalais, grand poète français et élu à l’Académie française. La France, c’est l’écrivain Georges Bernanos, homme de droite, fervent catholique et antisémite qui, dans Les Grands Cimetières sous la lune, décrivit, accablé, les horreurs dont étaient capables les siens, c’est-à-dire les franquistes. La France, c’est aussi, j’ose, Jeanne d’Arc, Du Guesclin, Clovis, Louis XIV, Rabelais, Boileau, Montesquieu, Voltaire, Joseph de Maistre, Zola, Léon Bloy, Alfred Jarry, Jules Vallès, Péguy, Alain-Fournier, Aragon, Gide, Sartre, Camus.

   La France, c’est Assia Djebar, une algérienne qui fut membre de l’Académie française. La France, c’est l’écrivain Romain Gary, un juif russe. 

   La France est un fabuleux pays d’une diversité historique, culturelle et idéologique exceptionnelle. Il y a chez elle suffisamment d’universalité pour attirer Mohamed et Mamadou. Et comme ils ne sont ni plus ni moins intelligents que d’autres, je ne vois pas à quel titre on prétendrait les « faire rêver » avec les empires africains de Songhaï et Monopata... 

   Les profs du CVUH tout comme ceux de Sud-93 représentent une menace pour nos enfants. Il y a chez nous des lois qui châtient le détournement de mineurs. Il devrait y en avoir pour punir le détournement d’élèves ! Que ces profs jouent à leurs jeux idiots sur un site ou dans des ateliers antiracistes est déjà une aberration en soi. Mais qu’ils aient le droit d’approcher des enfants est un crime contre l’enfance. Nous devons nous battre pour qu’ils soient écartés des établissements scolaires, pour que l’Éducation nationale les frappe d’une interdiction professionnelle. Tel est le combat pour lequel nous avons besoin de votre soutien. 

   Grâce à vous nous avons déjà gagné de nombreuses batailles ! Et récemment nous avons pu obtenir du gouvernement des avancées notables sur l'inepte écriture inclusive : Edouard Philippe, le premier ministre a annoncé qu’il interdisait l’usage de l’écriture inclusive dans les textes officiels. M. Blanquer a lui aussi été sans ambiguïtés : il a déclaré que cette écriture déstructurait la langue française. 
  
   Il a également, comme nous venons de vous le dire, déposé plainte contre les allumés de Sud-93. Une plainte, c’est long et ça peut prendre des années... M. Blanquer doit aller plus vite et demander à l’Inspection académique de sanctionner immédiatement ces enseignants. C’est quand même nous qui les payons avec nos impôts. 

Claire Polin, 

Présidente de SOS Éducation

 

Redirigé & publié le mercredi 13 décembre 2107.