La machine à perdre

             Déjà en juillet 2013, Guillaume Peltier, député du Loir-et-Cher, avait cofondé « La Droite forte » avec Geoffroy Didier – à l’heure actuelle député européen - tandis que, la même année, Xavier Bertrand, avec ses proches, avait inauguré une structure appelée « La Manufacture ». On voit aujourd’hui, à la suite de la défaite historique des LR et de leurs alliés, se multiplié les chapelles « refondatrices »…

            Mais à quoi assiste-t-on aujourd’hui ? Les partisans d’Alain Juppé se sont réunis ce week-end à Bordeaux. Virginie Calmels, bras droit d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, avait créé « Droite-Lib' », en janvier 2017, chapelle qui a vocation à perdurer. Les jeunes députés et élus locaux de « la génération 2014 » (référence à leur premier mandat obtenu lors des dernières municipales), menés par le maire de Châteauroux Gil Avérous, se retrouveront début septembre pour perfectionner leur plan d'attaque. Pour François Fillon lui-même, il y a « Force républicaine » (qui se dotera d'un nouveau dirigeant en septembre). IL y a encore « Sauvons la droite » du député Daniel Fasquelle et les inévitables « Jeunes Républicains » et leur sixième université d’été au Touquet, mais manifestement en quête de repères.

            Quant à Laurent Wauquiez, le favori pour la présidence des LR, il donnera le coup d'envoi de sa conquête de la présidence des Républicains le 3 septembre en gravissant le mont Mézenc, dans sa région d'Auvergne-Rhône-Alpes. Un rendez-vous annuel qui prendra une résonance particulière cette année, mais qui n’est pas sans rappeler les multiples ascensions de la roche de Solutré, non loin de Mâcon, par François Mitterrand jadis… Et Arnaud Montebourg depuis, le Mont Beuvray, dans le Massif du Morvan. C’est fou ce qu’on aime les ascensions, en politique !

            En fait, sous couvert de vouloir porter le rassemblement de leur famille politique, ces clubs sont des structures d'autopromotion de leurs fondateurs. Ils ont pour ambition d'imposer la ligne de leur président au sein de leur famille politique. Et de mieux embrouiller la tête de leurs adhérents, comme de leurs électeurs, s’il leur en restent !

            Car enfin, les mêmes causes conduisent aux mêmes effets, dans les mêmes circonstances faut-il ajouter. Les dissensions qui sont apparues, dans les rangs de la droite, lors de la campagne présidentielle, sous le matraquage politico-médiatique orchestré par le pouvoir de l’époque et sa presse aux ordres à propos de « l’affaire Fillon » et qui a totalement dévoyé cette campagne, tout en cultivant à souhait la bulle macroniste, les trahisons aussi des Solère and co, « ceux qui se sont vendus pour un plat de lentilles [1]», comme l’a si bien dit la conseillère régionale d'Île-de-France Florence Portelli, tout cela préfigurait déjà l’implosion de la droite et son échec aux législatives. Et c’est d’autant plus scandaleux que tous ces gens ont oublié l'incroyable succès de la primaire de la droite et celui de François Fillon à cette primaire.

            Chacun fait donc sa petite soupe sur son petit feu dans son petit coin. Nous pouvons donc nous assurer d’une défaite certaine si, d'aventure, nous devions, dans un temps plus ou moins long, retourner aux urnes. En tout cas, la droite républicaine devient inaudible et ridiculAe… Une vraie machine à perdre !

 

Publié le lundi 28 août 2017.

           



[1] Genèse, XXV-34