Etat de dis-grâce

Le Président Macron et Mme le Ministre des Armées, Florence Parly à Istres, le 20 juillet 2017.

   Le mardi 11 juillet, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin déclare que le budget de la Défense sera amputé de 850 millions d'euros. Autrement dit, l'État n’assumera plus les surcoûts des opérations extérieures.

   Après la sortie bruyante du Général de Villers, il importait à Macron de renouer le dialogue avec la grande muette. Ainsi, le 20 juillet, à Istres, lors d'un discours face aux militaires, le Président a assuré qu' « aucun budget autre que celui des armées ne sera augmenté » en 2018. Ce qui finalement donne a posteriori raison aux inquiétudes de l’ancien Chef d’État-major.

   Par ailleurs, les aides au logement, qui bénéficient à 6,5 millions de ménages français, ceux qui sont à moins de 1 000 euros par mois, subiront une baisse de 5 euros par mois et par ménage. Parmi les personnes aidées, il y a notamment 800 000 étudiants qui bénéficient de l'APL.

   Il y a donc matière à s’interroger sur la cohérence de la politique de la REM. D’abord je pique 850 millions d’euros à la Défense puis je déclare qu' « aucun budget autre que celui des armées ne sera augmenté » en 2018. Et on apprend, cerise sur le gâteau de l’incohérence, que Madame le Ministre des Armées, Florence PARLY, a annoncé dans le Journal du Dimanche avoir obtenu le dégel de 1,2 milliard d'euros sur les 1,9 milliard gelés en 2017. Ben voyons…

   Et puis, si « aucun budget ne sera augmenté » l’an prochain, comment Macron va payer les 12 000 postes dont il aura besoin sur deux ans dans le primaire s’il ramène à douze les élèves des CP des ZEP ? Et comment paiera-t-on aussi la prime de 3 000 euros aux enseignants des 8 000 écoles et collèges d'éducation prioritaire qu’Emmanuel Macron prévoit aussi pour la rentrée prochaine ?

   À l’heure où les communes font grise mine face à la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers, ce qui ne pourra que fragiliser leurs finances, à l’heure encore où l’on va augmenter de 1,7 point la CSG des fonctionnaires et des retraités pour compenser la suppression des cotisations sociales des salariés du privé, il y a de quoi être inquiet pour l’avenir de Napoléon IV… Ce qui a pour conséquence immédiate que Macron enregistre au mois de juillet 2017 une perte de popularité de 10 points et son Premier-Ministre de 8… CQFD !

   Et ceux qui ont voté pour Macron et la LREM n’auront plus que leurs yeux pour pleurer… Il ne fallait pas nous voler notre élection !