Une réélection en demi-teinte

Napole Polutele chahuté par la Droite lors des questions au gouvernement en mai 2013

   Napole POLUTELE remporte ces élections avec plus de la moitié du scrutin, 15 voix de plus, soit 3436 voix, 50.24% des 6839 votants de Wallis et Futuna: sur le fil du rasoir. Sylvain BRIAL arrive en deuxième position avec 3159 voix, 46.19% du scrutin. Avec 244 voix soit 3.57% du scrutin, Hervé DELORD, clôt ces élections. Le taux de participation à ces élections législatives 2017 est de 81.27% - par exemple à Malaefoou 1, il a été de 81,8% -, contre 78% en 2012 au premier tour (informations reprises sur Wallis 1ère).

   Ces élections, bien locales, trop, sont riches d’enseignements.

   La première leçon est que M. Napole Polutele a bénéficié de ce que l’on appelle ordinairement « la prime au sortant », bien qu’au niveau national, ce principe ait été quelque peu bousculé, surtout quand le sortant était un PS. Toutefois s’il a été élu au premier tour, résultat facilement prévisible quand il n’y avait que trois candidats, il l’a été chichement, talonné qu’il est par M. Brial puisque seulement 277 voix lui donnent la victoire.  En mars 2013, M. Polutele était sorti vainqueur d’une triangulaire l’opposant à Mme Lauriane Vergé d’une part et à M. Mikaele Kulimoetoke de l’autre. Il avait alors recueilli 3695 voix contre 2171 à Mme Vergé et 2318 à M. Kulimoetoke. Mathématiquement, il perd aujourd’hui 259 voix. Ce n'est sans doute pas grand-chose, mais sur un si petit territoire que le nôtre, cela a un sens.

   La deuxième leçon tient dans l’assise électorale des deux principaux candidats. M. Napole Polutele était le candidat de la majorité de circonstance de l’Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna augmentée du Sénateur du Territoire, tandis que M. Brial était celui de l’opposition de la même Assemblée. Le faible écart qui sépare les deux candidats fragilise la « majorité » et renforce son « opposition ». M. Le Sénateur et l’actuel Président de l’AT ont du souci à se faire et ce d'autant plus que si, comme nous le pressentons, M. Polutele – « sans étiquette » - rejoint les « Marcheurs » de Macron à L’Assemblée Nationale, sa suppléante aura du mal à rester dans la majorité actuelle. Elle entraînera à sa suite quelques indécis qui se sont assis de ce côté de l’hémicycle sans grande conviction. Et le mouvement de yo-yo qui caractérise la gouvernance de cet auguste cénacle reprendra ses prérogatives sans autre forme de procès, se souciant du bien des Futuniens et des Wallisiens comme de sa guigne.

   La troisième leçon tient dans la candidature de M. Hervé Delord. Lui et ses amis sont allés à la rencontre des populations de nos deux îles, ont établi un dialogue positif qui, in fine, a donné le programme des LR pour Wallis-&-Futuna repris par le candidat – officiel - des LR. M. Delord est donc monté au front avec le seul soutien de ses amis. On aurait pu penser que les trois LR de la majorité de l’Assemblée Territoriale auraient soutenu le Président de leur fédération. Que nenni ! Ils ont préféré l'opportunisme politique des intérêts claniques de leurs caciques plutôt que la recherche de l’efficacité pratique visant le développement social et économique de leurs îles. M. Delord et ses amis se sont bien battus. Leur résultat n’est certes pas à la hauteur de leurs espérances comme de leur dévouement. Mais ils ont montré qu’il y a une autre politique possible comme d’autres choix à envisager.

   Que peut-on alors espérer de M. Polutele ?  Qu’il nous surprenne parce que son précédent mandat n’a pas du tout convaincu, ce qui montre au passage que ce n’est pas en raison de cela qu’il a été réélu. Ni pour ce que l’on peut attendre du nouveau mandat, sauf une agréable surprise : des routes rénovées, un ou deux ports de pêche, Vele achevé et la hausse des prix enrayée par exemple, etc... On peut rêver !