Lettre ouverte aux enfoirés.

   La droite a perdu la présidentielle à cause de ses « barons » qui ont lâché Fillon à la suite de la « révélation » du Pélénopegate. Elle perdra la bataille des législatives à cause des 174 élus de la droite et assimilé qui jouent les lèche-culs de Macron.

Les enfoirés de la 1ère heure.

   Il ne faut pas se leurrer. Les révélations téléguidées du « Canard enchaîné » en février immédiatement suivies du marathon judiciaire que l’on sait n’avaient pas pour but de convaincre l’électorat de gauche de ne pas se laisser charmer par le chant de la sirène filloniste, mais de leurrer les électeurs de la droite et du centre, tant ces derniers avaient quasiment plébiscité leur champion lors du second tour de la primaire de la droite et du centre.

   Comme manifestement la « personnalité de Fillon » a rapidement fait problème au point de faire perdre à la droite une élection a priori imperdable, pour reprendre un mot fort amène d’Alain Juppé au soir du 1er tour des Présidentielles, ce sont à peu près 300 élus LR ou UDI qui, à la mi-mars 2017 selon le journal Libération, tombés dans le piège tendu par une gauche aux abois et un Château assiégé, ont lâché Fillon, préférant une posture moralisatrice à une détermination politique, faisant la gueule devant les milliers d’euros perçus par Mme Fillon et oubliant qu’il devait être à cette heure essentiellement, uniquement question de redresser la France.

   Pêle-mêle, on trouve Bruno Lemaire, Arnaud Robinet, Yves Jégo, Thierry Solère, Benoist Apparu, Dominique Bussereau, Jean-Marie Bockel, Alain Lamassoure, Pierre Lellouche, Fabienne Keller, Georges Fenech, Gérald Darmanin, Nadine Morano ou … Édouard Philippe !  Évidemment nous n’en citons que quelques-uns, mais pas au hasard… Lecteur, retiens bien ces noms : tu les retrouveras sur le site du journal « Libération ». Et ci-dessous : parce que l’on retrouve les mêmes olibrius dans ceux qui ont laché Fillon en mars 2017 et ceux qui ont signé « l’appel des 31 » en faveur de Macron …

Les enfoirés de la 25e heure

   L’affaire, tout aussi grave, et dont le résultat répliquera celui du 23 avril – parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets et que les circonstances sont les mêmes, la machination ourdie par le Château doublée ici par les tours de passe-passe de l'illusionniste Macron - n’a pas d’autre finalité que de siphonner un maximum les partis classiques LR et UDI au profit de la « République en marche ».

    Il ne faut pas se tromper : Macron ne cherche pas les compétences chez les LR qu’il n’a pas dans ses rangs, mais uniquement à créer un processus désagrégatif qui à court terme – les législatives du mois de juin justement – entraînera l’affaiblissement durable, si ce n’est son anéantissement, des LR notamment et de ses alliés.

   Au passage, remarquons qu’il squeeze le FN comme le Front de Gauche et instrumentalise les Radicaux de Gauche et le PS, tout du moins ce qu’il en reste, pour son bon plaisir.

   Il est en passe de réussir son coup d’éclat, si ce n'est un coup d’état. Pas moins de 174 élus – locaux ou nationaux - de la droite et du centre ont appelé à répondre favorablement à la main tendue de Macron : rassembler pour remettre la France sur son chemin, la remettre « en marche ».

   Mais dans un déni de démocratie.

   Et parmi ces gens, dont certains ont dit pis que pendre de Macron pendant la campagne présidentielle (ainsi dans un tweet du 19 février, Bruno Lemaire écrit : « Emmanuel Macron est le candidat sans projet car c'est le candidat sans convictions : il change de discours suivant l'auditoire »), on trouve qui ? Nos enfoirés LR de la première heure : 31, ils sont, comme dirait Yoda ! Et parmi eux, ceux que nous avons ci-dessus nommés plus des UDI comme Jégo et quelques soutiens ultra-marins non cités ici.

   Voici leurs noms, pour que leurs électeurs se souviennent qu’il faut leur tailler une veste aux Législatives de Juin: Benoist Apparu Florence Berthout, Jean-Marie Bockel, Pierre-Yves Bournazel, Gilles Boyer, Dominique Bussereau, Christophe Béchu, Delphine Bürkli, Alain Chrétien, Gérald Darmanin, Mael De Calan, Jean-Baptiste De Froment, Grégoire De Lasteyrie, Babette De Rozières, Alain Emprin, Christian Estrosi, Jean-Jacques Guillet, Fabienne Keller, Nathalie Koscuisko-Morizet, Sébastien Lecornu, Bruno Lemaire, Ronan Loas, Jean-Luc Moudenc, Franck Riester, Arnaud  Robinet, Jean Rottner, Thierry Solère, Jean Spiri, Marie-Hélène Thoraval, Frédéric Valletoux.

   Rappelons que, comme avait prévenu François Baroin, les membres du parti nommés au gouvernement ont été exclus de la formation politique des LR. Le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer, l'a confirmé peu après l'annonce de la nomination de Gérald Darmanin et de Bruno Le Maire dans le gouvernement d'Édouard Philippe, lui aussi membre de « Les Républicains » (17 mai).

   De récents sondages le laissent entendre[1] : de la même façon que nous avons échoué à la Présidentielle, nous échoueront aux Législatives parce qu’une bande d'enfoirés nous aura scié les pattes. On n’est jamais mieux trahi que par les siens. La solution, se souvenir de leurs noms, autant de ceux de la 1ère que de ceux de la 25e, et les envoyer paître dès le 1er tour des Législatives, le 11 juin. Et voter en conséquence.

 

Publié le vendredi 19 mai 2017.



[1] Selon un sondage dévoilé le jeudi 18 mai, réalisé par Harris Interactive pour « France Télévisions » et « L'Émission politique » de France 2, les candidats de la formation politique fondée par Emmanuel Macron alliés à ceux du MoDem rassemblent 32% des intentions de vote pour les élections des 11 et 18 juin. Ils sont nettement devant les candidats des Républicains et de l'UDI et les candidats du FN à 19% d'intentions de vote chacun. Derrière, les candidats de la France insoumise recueillent 15% des intentions de vote tandis que les candidats du PS et du PRG ne rassemblent, eux, que 6% des suffrages exprimés.