Patrimoine de Macron : Le Canard met sa tête sous son aile.

   La presse a beau mener une campagne acharnée en faveur d’Emmanuel Macron, la question de son patrimoine et de la manière dont le candidat des milieux d’affaires et des banques gère son argent pourrait presque faire passer l’affaire Fillon pour une contravention de stationnement.

   Des revenus dignes de Crésus[1].

   L’ancien ministre, né en 1978, a touché des revenus de fonctionnaire jusqu’à son embauche par la banque Rothschild en 2010. Il a donc nécessairement été contraint de mener un train de vie conforme à des revenus normaux. Cela ne l’a pas empêché d’acheter, en 2007, un appartement pour un million d’euros, totalement hors de proportion avec ses revenus, financés par l’emprunt auprès d’une banque (900 000 €) mais également auprès d’un ami suffisamment clairvoyant pour savoir qu’il serait embauché quatre ans plus tard dans une banque où il gagnerait plus d’un million d’euros par an… Selon l’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales), « Monsieur Macron a gagné 2.748.065 € chez Rothschild entre 2010 et 2012. Lors de l’entrée en vigueur de la loi sur la transparence, il déclare, le 24 octobre 2014, à la Haute Autorité un patrimoine net de moins de 156 160 € ».

   Explications embrouillées du candidat : « Comme banquier d’affaires, j’avais le statut d’indépendant. J’ai donc payé, sur le montant brut de ma rémunération, des cotisations sociales patronales, salariales, puis l’impôt sur le revenu. Ces cotisations ont augmenté et frappé mon dernier revenu de référence, au point que je ne gagnais plus assez pour payer mes impôts. ». Sauf que le revenu déclaré est un revenu net d’impôts, ce qui représente une différence considérable.

   L’ancien banquier, ministre de l’Économie et des Finances, semble fâché avec la comptabilité…

   Puis, en se lançant dans une autre explication relative aux travaux réalisés pour 500 000 € dans la maison de sa femme, Macron oublie que, dans ce cas – séparation de biens oblige -, il devrait comptabiliser dans son patrimoine une créance sur son épouse du même montant. Tout chef d’entreprise sait qu’une créance est un élément d’actif qui figure comme tel au bilan. C’est même le b.a.-ba de la comptabilité…

   Voici donc un homme qui, en trois ans, a gagné près de 2.500 € par jour, dimanches compris, et qui déclare un patrimoine net de 156 160 €. Cela entraîne plusieurs questions :

   Soit monsieur Macron a adopté un train de vie dispendieux l’amenant à dépenser deux mois de SMIC par jour, ce qui est tellement indécent pour un candidat à la fonction suprême qu’il devrait de lui-même rougir de se présenter devant des électeurs dont le revenu mensuel moyen est de 2 225 €, pour les seuls salariés.

   Soit le jeune loup de la politique est incapable de comptabiliser correctement ses revenus et son patrimoine, ce qui laisse sceptique sur ses capacités à diriger un État comme la France.

   Soit, enfin, sa déclaration n’est pas sincère. Et là, il s’expose à des sanctions pénales lourdes : trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, l’interdiction des droits civiques, ainsi que l’interdiction d’exercer une fonction publique. De quoi ruiner sa carrière politique.

   Par chance pour lui, l’association ANTICOR, bien connue de madame Taubira, a « dénoncé » cette anomalie à la HATVP, qui s’est empressée de conclure qu’il n’y avait pas lieu à poursuivre l’intéressé.

   Macron n’est pas Fillon. Il peut sans doute dormir tranquille, tant que la presse ne fera pas son travail et fermera les yeux sur celui qu’elle a d’ores et déjà décidé de faire élire. On se demande pourquoi Le Canard met sa tête sous son aile…

   Ainsi vont les relations incestueuses entre la presse et le monde politique.

 

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Redirigé et publié le samedi 1er avril 2017.

 

 



[1] Crésus est un roi de Lydie, ancien pays d'Asie Mineure, ayant régné au 6e siècle av. J.-C.  Sa renommée en fait un prince célèbre pour ses richesses dues aux sables aurifères de la rivière Pactole, dans le royaume de Lydie, au cœur de sa région la plus fertile, qui lui assurèrent une fortune colossale, laquelle lui permit de bâtir sa légende par des offrandes généreuses aux temples grecs. C’est pourquoi son nom est resté dans le langage courant avec l'expression « riche comme Crésus ».