Le temps des « pornosalaucrates ».

Article rédigé par François Billot de Lochner, le 02 décembre 2016[1].

« Notre lettre hebdomadaire ayant été censurée par le système Internet, nous avons retiré le titre de l’envoi pour qu’elle soit bien reçue par tous. Voici donc la lettre dans sa version intégrale, telle que nous l’avons envoyée le deux décembre. Nous prions ceux qui l’auraient reçue deux fois de nous excuser pour ce double envoi, dont le but est de détourner une censure avérée.   

Les « pornosalaucrates », qui imposent mondialement leurs détestables pratiques sexuelles, se déchaînent comme jamais.

Nous avons eu hier le triste privilège de pouvoir visionner dans toutes les rues de France et de Navarre l’infâme affichage de toutes les perversités, organisé par le ministère de la Santé : la rue, utile outil de perversion pour tous.

Nous avons aujourd’hui la possibilité de visionner en famille l’ignoble film « Sausage » party, pour les douze ans et plus, afin d’initier nos chers petits aux pratiques les plus honteuses : le cinéma, utile moyen d’éducation à tous les vices pour tous.

Nous allons avoir demain la possibilité de nous repaître de photos de nus intégraux se livrant à tous les dévoiements possibles. Ces photos, réalisées par la très homosexualiste association Aides, seront publiées en pleines pages dans de multiples journaux. La grande presse sur la table du salon familial, pour l’éducation des parents et enfants au dévoiement pour tous.

En bref, les cochonneries pour tous, dans la rue, au cinéma, dans les foyers : plus belle, la vie de débauche pour tous !

La pornographie est un tsunami mondial, que les autorités morales devraient dénoncer à temps et à contretemps. Du côté des grandes autorités morales, Église catholique comprise, peu de dénonciation à temps, et moins encore à contretemps… L’humanité dans son ensemble, tous âges, sexes et pays confondus, part sexuellement à la dérive, dans le silence assourdissant de ceux qui devraient hurler leur colère et agir avec tous les moyens dont ils disposent pour lutter contre ce fléau.

Que sera le coup d’après ?

L’exaltation de la pédophilie ? La zoophilie ? Quoi d’autre ? Allons, cherchons bien, nous allons sûrement trouver ! Quand on a un sexe à la place du cerveau, cela doit aider à inventer des idées sexuellement géniales.

Le « marché pornographique » a devant lui un avenir radieux. Les pornocrates et autres pornosophes peuvent se frotter les mains : ils vont connaître des lendemains enchanteurs. Qu’ils se méfient cependant des lendemains qui ne chantent plus : il pourrait y avoir un retour de bâton contre leur dictature mondiale. La révolte des familles s’est fortement exprimée contre les récentes affiches ignobles. Le film « Sausage party » peut accélérer le mouvement de colère. Les infâmes publications à venir d’Aides également. N’oublions pas aussi que le nouveau Code de procédure pénale, au travers de son article 227-24, permet en théorie de réprimer avec une grande sévérité ceux qui fabriquent, diffusent ou promeuvent les matériaux pornographiques.

L’action en référé que nous avons menée contre le ministère de la Santé a permis le retrait des affiches. Nous étudions actuellement la possibilité d’une action contre les journaux diffuseurs de la prochaine et épouvantable campagne d’Aides.Nous mènerons, avec les moyens qui sont les nôtres, ce combat inégal pour la restauration de la dignité humaine, affreusement mutilée par les pornocrates de tous les pays, unis dans leur volonté farouche de tuer la beauté de la personne, en la transformant en simple et glauque objet sexuel ».

François Billot de Lochner,

Président de la Fondation de Service politique,

de Liberté politique et de France Audace.

 

Post-scriptum du Modérateur, 03/12/2016.

Nous ne pensions pas, lorsque nous avons lu le Marquis de Sade, que ses phantasmes « sado-masochistes », saturant les centaines de pages de sa littérature sorties toutes armées de son imagination malade, pourraient passer un jour dans la réalité.  Pourtant, le divin marquis ne manquait pas, au gré de ses interminables et ennuyeuses dissertations émaillant ses romans de Justine ou les malheurs de la vertu ou encore La nouvelle histoire de Juliette de nous prévenir, sans le vouloir, sur les conditions qui permettraient l’émergence aujourd’hui d’un tel débordement de sexualité débridée.

La philosophie sadienne au XXIème siècle.

Et pourtant ! Sade, qui est athée et matérialiste, rappelons-le, se situe dans la droite ligne de La Mettrie et du Baron d’Holbach, à ceci près que, paradoxalement, ces derniers se rapprochent fortement d’un morale « civile » où la vertu tient une place prépondérante. Sade ne les suit pas sur ce terrain. Tenant de l’idée que les lois de la nature ne souffrent aucune limite, se suffisant à elles-mêmes, Sade en conclut que tout ce qui dans l’homme échappe a priori à la raison, c’est-à-dire à la culture et à la société, relève de la seule nature, reprenant ainsi à son compte une idée célèbre de Rousseau : « l’homme est naturellement bon, c’est la société qui le corrompt ».

Or qu’est-ce qui relève chez l’homme de la seule nature ? Les passions et les désirs qu’elles suscitent, et bien évidemment le premier d’entre eux, selon Sade – plus tard Freud - : le désir sexuel. Et il faut bien dire que ce qui caractérise la littérature de Sade, c’est que l’érotisme dans sa plus élémentaire dimension, celle d’une sexualité quasiment bestiale, la traverse de part en part. Et cela ne se révèle possible que si le héros sadien rejette toute forme de moralité, de règle sociale regardée comme un simple préjugé, au sens freudien des mots de tout interdit, de toute censure conscient ou non, le rôle de la philosophie étant chez Sade, ce que confirme La Philosophie dans le Boudoir, de dénoncer les obstacles culturels à l’expression des instincts naturels. « La nature déteste, abjure, contrarie tous ces dogmes de votre absurde civilisation ; et le tort de votre logique imbécile ne devient pas celui de ses lois : n'écoutons qu'elle, et nous ne serons jamais trompés » écrit Sade dans La nouvelle Justine

Sade, dans son œuvre, se livre donc à une déconstruction de la morale issue du christianisme et transposée dans le système monarchique de son temps pour une libération absolue des instincts fondamentaux de la nature humaine, en revenant ainsi à un monde d’avant la chute, mais un jardin d’Éden sans Dieu (ni Diable donc non plus). Sans faute, donc sans péché.

Or que vivons-nous aujourd’hui, dans ce pays et en ce temps ?

D’abord une agression permanente de notre fond civilisationnel. Quand M. Pierre Moscovici, alors commissaire européen en charge de l’économie, déclare le 8 mai 2016 qu’il ne croyait en rien aux « racines chrétiennes de l’Europe », ce en quoi d’ailleurs il se fourvoyait puisque cela n’est pas du domaine de la croyance mais du savoir, il ne faisait que porter au niveau européen le travail de sape des fondamentaux de notre culture nationale comme de notre civilisation continentale que sont les religions judéo-chrétiennes. Et par tant, se faisait fort de tirer, définitivement pensait-il, un trait sur trois mille ans d’histoire de notre vieux monde.

Qu’à cela ne tienne ! On assiste aujourd’hui à une attaque sans précédent contre les valeurs sociales et nationales, les principes éthiques et religieux de notre pays, et même les consciences des citoyens qui se refusent à les abandonner, et ce depuis 2012. La logique dominante est alors celle de la table rase, héritée des idéologies totalitaires du XXe siècle. On assiste à une véritable entreprise de déculturation.

De Mitterrand à Hollande.

C’est d’ailleurs une grande différence entre ce quinquennat et la présidence de François Mitterrand, tout du moins jusqu’en 1986, date de la première cohabitation, M. Jacques Chirac devenant premier ministre. En effet, M. Mitterrand est resté, dans son premier mandat, fidèle aux fondamentaux marxistes du « programme commun de gouvernement » de la défunte « Union de la Gauche » (en 1977). Sa seule tentative d’une réforme, si ce n'est dans son fond une révolution, de la société française a été celle d’un « grand service public d’éducation », censé regrouper enseignement public et privé sous une même bannière, projet porté par le ministre de l’Éducation nationale d’alors, M. Alain Savary, et qui fut retiré à la demande du Président Mitterrand le 14 juillet 1984, sous la pression notamment des associations de parents de l'école libre (APEL) qui réagirent très vivement en organisant une grande manifestation à Paris le 24 juin 1984 qui rassembla près de deux millions de personnes. Mais les nationalisations que les gouvernements Mauroy effectuèrent étaient bien dans la ligne socialiste suivie encore à cette époque par Mitterrand. Les deux cohabitations qu’il dut subir fin de son premier mandat et au milieu de son second eurent vite raison de ces déterminations idéologiques.

Avec M. Hollande, il en va autrement. Fort, pense-t-il, d’une France électoralement plutôt à gauche, il va s’attaquer dès 2013 à un pilier de la culture nationale, de la civilisation française : le mariage. En l'ouvrant aux homosexuels, il en détruit la symbolique et rend du même coup le mariage « traditionnel », hétérosexuel, factice. Mme Taubira avait alors parlé à la tribune de l’Assemblée nationale d’un tournant décisif de la civilisation. Ce qui est peu dire : un coup de crayon tiré sur trois mille ans d’une pratique matrimoniale consacrée par les écrits religieux et les lois des états.

Déchristianisation et dégénérescence.

Dès lors la déchristianisation plus ou moins sourde depuis les années soixante devient patente et militante. Mais il ne s’agit pas que de cela. Les atteintes portées, au nom de l’égalité femme-homme, passent du domaine du droit, ce qui n’est en soi que légitime, au domaine culturel, ce qui devient une sottise. On dénonce les attitudes « sexistes », non seulement dans les textes réglementaires, mais aussi dans la vie courante, la rue, le travail et même dans le vocabulaire. Et on n’hésite pas, à travers les « ABCD de l’égalité » à distiller insidieusement dans les esprits des jeunes enfants un avatar de l’idéologie du genre.

On approche donc petit à petit du « tout est permis », substituant au souci nécessaire du collectif, ciment naturel de toute société, une éthique égotiste et individualiste, une forme de « morale » narcissique pour laquelle l’individu est tout et le groupe rien, bien visible dans ce concept incroyable d’un « droit des enfants », au demeurant « droit » déterminé par des adultes, qu’on opposera à celui des parents, des éducateurs ou des politiques.

Enfin, la cerise sur le gâteau : la « déclaration universelle des droits sexuels » (voir sur ce site notre post in Civilisation/droits sexuels IPPF) qui fait de la sexualité de chacun, quelle qu’elle soit, un principe fondamental opposable à tous. Sade n’a pas fait mieux, mais autant.

Conséquences de cet éclatement moral.

L’école, malgré quelques timides résurgences, a renoncé à sa morale « laïque », au sens noble du terme, essentiellement appuyée sur celle de Kant. Les Églises perdent leurs prêtres, leurs ouailles et leurs messages. Pire elles sont contestées de l'intérieur par l’intégrisme et de l’extérieur, par l’État laïque, cette fois-ci au sens sociopolitique du mot, et par l’islam politique. Enfin le monde médiatique, plutôt de gauche, contribue avec assez de bonheur, à cette déliquescence des valeurs éthiques et religieuses, familiales et sociales, culturelles et civilisationnelles. On comprend alors cette irruption de l’obscénité pornographique dans nos rues, dans nos foyers, dans nos consciences bientôt, puisqu’il n'y a plus de garde-fous pour nous prémunir de la chute possible dans le fossé.

Une seule chose : 2017 peut nous redonner de l’espoir.

 

 Redirigé et publié le samedi 3 décembre 2016.