Un tri très sélectif...

Les Chiffonniers du Caire aux prises avec les boîtes en alu.

   Les déchets des ménages français sont estimés à presque 30 millions de tonnes par an, 8,7% du total de déchets générés en France (345 millions de tonnes), soit plus de 500 kg de déchets par  habitant et par an. On comprend alors que, dès que les moyens techniques ont pu se mettre en place, les collectivités territoriales se soient orientées vers le traitement de ces déchets  en vue de leur recyclage, ce qui suppose un tri sélectif des dits déchets à la source en quelque sorte, c’est-à-dire au niveau des particuliers.

    La Collectivité territoriale des Îles Wallis-et-Futuna a bien compris le problème et enfin entrepris le traitement de ses déchets ménagers en favorisant du côté des usagers le tri sélectif des dits déchets. Pour arriver à ses fins, elle a intéressé l’opération en rémunérant, modestement certes mais avec conviction, les particuliers qui rapporteraient eux-mêmes leurs déchets triés au centre d’enfouissement de l’île d’Uvéa. Les sacs étaient alors pesés et payés.

    Il semble que ce système devenait un peu lourd pour le budget du Service de l’Environnement qui le gérait, d’autant que la commercialisation des déchets traitables et traités demeure un problème. Le service s’est donc replié sur le système « consigne » : flacons en verre, grandes et petites bouteilles en plastique, cannettes métalliques ou plastifiées. C’est tout : 5 ou dix francs l’unité, selon. Et les employés du Centre de compter une à une les bouteilles à la réception des sacs… C’est moins onéreux pour le service mais plus fastidieux pour ses fonctionnaires.

     Et parfaitement inutile. Car ce système anachronique de « consignes » oublie les autres récipients en verre ou en métal – pots de confiture, de pâte à tartiner, boîtes de conserve de poissons, de fruits ou de légumes, de lait, boites en plastique de margarine, de beurre,  etc. – qui peuvent eux aussi entrer dans le traitement de déchets en verre, en plastique ou en métal et qui, à aux seuls, constituent la moitié des déchets recyclables, hors papier.

     Faire les choses à moitié, c’est ne rien faire du tout. Et ici, desservir la cause pour laquelle on est sensé justifier cette démarche environnementale.

 

 Rédigé et publié le lundi 11 juin 2018