Le TA de Paris s'est pris les pieds dans le tapis.

Un jilbab à la mode...

   Le mardi 18 octobre, Le Tribunal Administratif de Paris annule l’interdiction de sortie du territoire établie par le Ministère de l’Intérieur à l’encontre d’une jeune rémoise de dix-neuf ans, convertie au salafisme – la branche rigoriste de l’Islam, que l’on peut comparer, toutes proportions gardées, aux intégristes catholiques – en arguant d’une « erreur d’appréciation », selon le tribunal commise par le Ministère se fondant sur le fait que « Chloé » avait fait l’objet d’une signalisation par sa mère, auprès de la plateforme du Centre national de prévention de la radicalisation en septembre 2015, en raison de sa conversion à l’islam et de sa radicalisation progressive.

   Certes, reconnait le Tribunal, cette jeune fille « exerce une pratique religieuse rigoureuse » et « entretient des liens avec la mouvance salafiste ». Mais ces faits, selon lui, « ne suffisent pas, par eux-mêmes, à justifier de son adhésion et de sa proximité avec le terrorisme islamiste ».

   Il semble que le TA de Paris se soit appuyé sur une « confession » que la jeune fille aurait faite aux collaborateurs de Mme Dounia Bouzar, une anthropologue missionnée jusqu’en avril par l’État pour lutter contre la radicalisation, et qui travaillerait - dans le même secteur - aujourd’hui avec l'ex-mentor des Kouachi, Farid Benyettou, et qui fut lui-même en son temps leader de la filière des Buttes-Chaumont. Chloé aurait alors assuré rejeter Daesh et vouloir seulement partir pour l’Arabie saoudite en vue de s’inscrire à l’université islamique.

   Mais il est patent que, autant le Tribunal Administratif que l’équipe d’experts entourant Mme Bouzar, se soient laissés berner par une pratique courante chez les « radicalisés » en mal de djihad, celle de la « taqiya » ou pratique énoncée et conseillée par la Charia[1] et qui consiste à dissimuler sa foi lorsque le musulman se trouve au sein d’un environnement défavorable afin d'éviter tout préjudice lié à une réaction hostile.

   Le meilleur exemple récent de taqiya que l’on puisse donner est celui du franco-tunisien, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, qui a tué quatre-vingt-quatre personnes avec son camion le soir du 14 juillet à Nice.

   Chauffeur-livreur de son état, récemment divorcé, violent et dépressif, Mohamed aimait la musculation, les filles et la salsa. Et comme musulman, il n’était pas des plus rigoureux : selon un cousin, Mohamed Lahouaiej Bouhlel buvait de l'alcool, mangeait du porc et se droguait, ne faisait pas le ramadan et n’allait pas à la mosquée. Enfin il était parfaitement inconnu des services de police spécialisés dans la lutte anti-terroriste. Un expert en taqiya…

   En octobre 2015 pourtant, la jeune « Chloé » - un pseudo qu’elle a elle-même choisi - passeport et téléphone en poche, munie de deux valises de vêtements, à l’époque mineure, avait fugué. La police l’avait retrouvée en compagnie de salafistes, gantée et recouverte par un jilbab[2].

   Il y a donc fort à parier que cette jeune femme, profitant de l’aubaine que lui octroie la cour administrative, en toute candeur si ce n’est naïveté, suivra un autre chemin qui ne la conduira pas à l’université islamique Al-Imam Muhammad Ibn Saoud…

   En fait nulle part aujourd’hui puisque bientôt, avec la probable chute de Mossoul, Daesh n’aura plus de territoire.

 

Publié le mardi 25 octobre 2016.



[1] Voici ce que dit le Coran à ce sujet : « Que les croyants ne prennent pas pour alliés des infidèles au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. Allah vous met en garde à l’égard de Lui-même. Et c’est à Allah le retour. Dis : Que vous cachiez ce qui est dans vos poitrines ou bien que vous le divulguiez, Allah le sait. Il connaît tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Allah est omnipotent » (3_28-29).

[2] Grand voile qui ne laisse apparaître que le centre du visage.