Le troisième sexe

L'intéressé(e) en question, justement dit: en question...

     Nous venons d’apprendre que Jamie SHUPE, né homme, et qui a vécu 50 ans en tant que femme, a été, au début du mois de mois de juin, autorisé par un juge de l'État de l'Oregon à ne plus se définir en fonction de son sexe, c'est-à-dire à abandonner les déterminations sexuelles de « masculin » et de « féminin ». Il a manifestement eu plus de chance qu’un certain sexagénaire français – hermaphrodite de naissance - qui, après avoir obtenu du tribunal de Tours en 2015 la possibilité de voir portée sur son état civil la mention « sexe neutre », se l’est vu retirée par  la cour d'appel d'Orléans en mars 2016 au prétexte « qu'admettre la requête de Monsieur X reviendrait à reconnaître, sous couvert d'une simple rectification d'état civil, l'existence d'une autre catégorie sexuelle ».

     Pourtant, il y a un précédent. Balzac, dans les premières pages du Père Goriot, quand il présente la pension de Mme Vauquer, où va loger Rastignac, remarque que la plaque apposée à côté de l’entrée de la maison porte la mention suivante : « Maison Vauquer – pension pour les deux sexes et autres ». On n’est jamais trop prudent. Il y avait déjà, bien sûr, le Giton du Satyricon de Pétrone, dont on ne sait pas très bien s’il est garçon ou fille, sans doute cet « autre » selon la formule de Mme Vauquer.

Plus sérieusement, de nombreuses associations « transgenres » - on devine lesquelles -, réclament depuis longtemps que les mentions d’identités sur les documents officiels remplacent la dénomination de « sexe » par celle de « genre ». Louable obstination fondée sur une erreur de sens : le genre est un terme linguistique et grammatical qui définit le caractère d’un substantif : genre masculin ou genre féminin. Cette distinction de langage n’est nullement pertinente pour les rapports sociaux entre les différents individus, femmes et hommes particulièrement. C’est ce que l’Académie française faisait déjà remarquer en 1984. De plus, l’idée même de « genre » telle qu’elle est comprise par les tenants de son idéologie, n’a aucune assise scientifique, pas plus qu’elle n’est défendable culturellement au vu des pratiques multiséculaires de notre culture judéo-chrétienne, pour ne parler que de celle-là.

     Mais au-delà de l’insanité lexicologique de cette revendication transgénérique, il y a cette autre absurdité, législative cette fois-ci : on ne saurait légiférer pour une partie de la population qui n’en représente qu’un deux millième (un enfant sur deux mille serait victime de l’hermaphrodisme) et ce d’autant plus qu'il est manifeste que la plupart des cas d’hermaphrodisme sont immédiatement traités dès la naissance ou les toutes premières années de l’enfant victime de ce caprice de la nature. Cependant il semble, d’après un rapport publié en 2011 sur la question que, pour les personnes intersexuées opérées, l’attribution de l’un des deux sexes se fasse souvent de manière arbitraire. Certaines en souffriraient par la suite, et vivraient leur opération comme une « mutilation ». Maladresse incompréhensible des intervenants, médecins ou éducateurs, et peut-être parents, qui ne prennent pas au moment opportun les mesures nécessaires à l’équilibre futur de l’enfant malmené par la biologie. Bref, faute lourde d’éducation, encore une fois.

     On pourrait alors penser que reconnaître, in fine, l’altérité sexuelle aux androgynes, ce serait une manière de redresser les erreurs socio-éducatives et leur faire justice, à l’instar de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui parle d’ « un droit à l'identité sexuelle, droit liée à l'épanouissement personnel, qui est un aspect fondamental du droit au respect de sa vie privée ». Sauf que cette « identité sexuelle » ici n’en est pas une.

     Cela part d’un bon sentiment. Mais c’est oublier non seulement qu’on ne saurait légiférer à partir d’un cas particulier, mais aussi opposer le droit à la nature. Car, encore une fois, l’hermaphrodisme est bien une erreur de la nature, comme l’existence de malformations génétiques qui entraînent de graves désordres dans la morphologie d’un individu. On ne fait pas de lois spécifiques pour telle ou telle malformation physique humaine, même s’il existe des règles sociales pour faciliter la vie quotidienne des personnes handicapées.

     Dans le cas de l'intersexualité, il ne s’agit pas de cela mais de hausser au niveau de la bipolarisation sexuelle de l’humanité, cette exception qu’est l’hermaphrodisme, substituer en quelque sorte au couple traditionnel un « trouple » transgénique, pour emprunter à Sartre ce néologisme. On retrouve ici ce que nous ne cessons pas de dénoncer : la transformation de notre société bipolaire naturellement, en une société asexuée dans laquelle on insérerait entre l’homme et la femme un autre dont l'indéfinition serait la qualité essentielle, mais seulement un pour deux mille. Cherchez l’erreur…

 

Publié le mardi 21 juin 2016.

Dernière nouvelle

13. Juil., 2016

Ah! ces Canadiens...

Justin Trudeau, actuel premier ministre du Canada depuis le 4 novembre 2015, a annoncé récemment que son gouvernement cherchait le meilleur moyen de permettre aux gens de ne pas avoir à choisir entre homme et femme sur leurs papiers d’identité comme le passeport, un choix qui serait discriminatoire et limité. Pour le moment, il est en réflexion et cherche « la meilleure façon » de procéder, comptant peut-être suivre l’exemple de la province de l’Ontario, qui a annoncé au mois de juin (2016 …) qu’elle permettrait l’identification « X » comme troisième option pour le sexe sur les permis de conduire.

Les médecins anglais ne devraient plus parler de "future mère"

1. Févr., 2017

Il n'y a plus de "future mère" au Royaume Uni...

Au Royaume-Uni, les médecins ont reçu une recommandation de ne pas utiliser le terme « futures mères », susceptible d’offenser les personnes transgenres.
Dans le « Guide de communication efficace » publié récemment par la British Medical Association (BMA), on constate que « l’écrasante majorité des personnes enceintes s’identifient en tant que femmes », mais qu’il existe pourtant des transgenres qui sont également en mesure d’accoucher d’un enfant.
Relatée par les médias locaux, l’initiative a suscité des réactions mitigées. Le député conservateur Philip Davies a qualifié la recommandation de la BMA de « résolument absurde ». Selon les critiques, il s’agit d’une proposition « dangereuse » et « antiscientifique ».
Il est heureux finalement, que les Anglais soient sortis de l’UE. Rappelons que, il y a quelques décennies de cela, le Général de Gaulle n’en voulait pas…
Mais avec des idées aussi tordues, nous sommes confortés dans cette opinion. Et ce d’autant plus que non seulement il ne nous semble pas possible d’appeler autrement que « mère » la personne qui porte un enfant, autant pour des raisons biologiques que sociologiques, mais encore il est inacceptable qu’une minorité d’individus impose sa loi – plus exactement ses fantasmes – à l’ensemble de la société.
Au demeurant si toutes les minorités faisaient de même, la vie sociale ne serait plus possible et, à terme, mettrait même en péril la survie de la Cité.
Source de l’information : https://fr.sputniknews.com/international/201701291029837074-royaume-uni-transgenre-grossesse/