Pays en chute libre...

Blocage de la raffinerie Total avec des pneus enflammés le 17 mai 2016 à Donges.

     Les grèves, les blocages et autres manifestations violentes qui perturbent le quotidien des Français depuis plusieurs semaines ne laissent pas de les interroger aussi bien que nos partenaires européens, à une semaine du début de l’Euro de foot.

     Cette réalité éclate aux yeux de tous autant par sa violence que par son absurdité, révélant au grand jour la déliquescence de notre nation, cette France où une minorité agissante et sectaire impose sa loi, cette France où l’on peut s’attaquer à une voiture de police en cherchant à brûler vif ses deux occupants ; où un syndicat d’arrière-garde à l’idéologie archéo-marxiste bloque trains, métros, ports et aéroports, raffineries et centrales nucléaires ; où les manifestations à répétition dégénèrent le plus souvent en batailles rangées, haineuses et d’une rare violence .

     Nos amis européens, en analysant et commentant cette guéguerre franco-française, ne manquent pas de clairvoyance. Tout en notant la faiblesse de l’exécutif, qui a déjà vidé de l’essentiel de sa substance la « loi travail », ils s’alarment du refus endémique de tout changement du peuple français. Ils constatent ainsi que cette France irréformable est loin d’être un pays « normal », « un pays où l’on fait des réformes sans pour autant sombrer dans un psychodrame collectif », mais aussi que les Italiens ou les Espagnols ont réussi à réformer leur monde du travail, en allant beaucoup plus loin que la loi El Khomri. El País parle ainsi de « la réforme décaféinée d’un gouvernement affaibli ». Aussi ne manquent-ils pas de remarquer, comme nous, que « François Hollande mène une politique ne figurant pas dans son programme électoral, et ce à seulement un an de la présidentielle ».

     Ainsi, on peut finalement se demander s’il y a encore un pilote dans l’avion. À dix jours de l’Euro de football, le pouvoir est aux abonnés absents. Le président de la République commémore et inaugure, laissant son premier ministre s’énerver – sens étymologique - sur une réformette du Code du Travail dont l’insignifiance fait sourire les gouvernements européens. En quatre ans, François Hollande n’a réussi qu’à mettre le pays sens dessus dessous, désorienté qu’il est par l’absence de cap, de logique et de fermeté. De Taubira à El Khomri, même désastre : la chienlit…

     Et il paraît que François III cherche à se succéder à lui-même. Il rêve ?

 

Publié le mercredi 1er juin 2016.