Les dernières heures du Roi François III.

Une "Nuit debout".


   Pour qui connaît son Histoire de France, toutes proportions gardées - notamment chronologiques – 2016 rappelle 1788. Certes, 2017 ne sera pas 1789, quoique pourraient en penser les nostalgiques d’un grand soir annonçant des aubes radieuses de jours nouveaux. Mais il se trouve qu’il y a quelques similitudes qu’on ne peut pas ignorer.

   Économiquement parlant, 1788 fut une année catastrophique. Si l’hiver 87-88 et le printemps qui suivit furent cléments, de violents orages accompagnés de chute de grêle ruinèrent les récoltes de grains entre la Loire et le Rhin en juillet. La conséquence directe fut une disette endémique qui s’aggrava de la dureté de l’hiver suivant. On devine que le prix des grains fut en proportion de leur rareté (relative).  Le président Lamoignon, garde des Sceaux depuis 1787, soumet à ce propos au roi Louis XVI un mémoire attirant l’attention du souverain sur la situation dramatique du pays. Il annonce des lendemains dangereux pour le pays.

   Ajoutons à cela une situation catastrophique des finances du Royaume qui aboutit à la proclamation de sa banqueroute de l’État en août. Sur le plan politique et administratif, le système parlementaire de l’ancien régime déjà secoué par la réforme – finalement abandonnée – du chancelier René Nicolas de Maupeou, est de nouveau remis en question par le Roi mais cette décision se voit violemment contestée en province comme à Paris, comme en témoigne la célèbre « journée des tuiles » à Grenoble, le 7 juin. Finalement, Louis XVI convoque en juillet 1788 les États-Généraux pour le 5 mai 1789. On connaît la suite…

   Cinq quarts de siècles plus tard, le pays semble revivre la même histoire. D’une part, le régime « hollandien » a tout fait pour déstabiliser la société française faisant adopter une loi, celle du « mariage » pour tous, qui est restée en travers de la gorge de beaucoup de Français. Il laisse faire des idéologues technocrates qui, pour faire passer leurs utopies, organisent en sous mains une déconstruction en règle de notre société et même de notre civilisation. Un proche de François Hollande – Pierre Moscovici pour ne pas le nommer - n'a-t-il pas contesté récemment les racines chrétiennes de la France (et de l’Europe) ?

   Hollande produit aujourd’hui, d’autre part un texte modifiant les conventions d’entreprises et le code du travail, la loi El KOMRI, dont il semble bien que personne ne veut. Sans compter les menaces intérieures venues de l’extérieur, menaces qui ne sont finalement pas suffisamment appréciées à leur juste valeur, selon certains spécialistes du terrorisme.

   Et puis il y a du Louis XVI dans le « roi » Hollande. Louis XVI n’avait rien d’un leader politique et plutôt la réforme frileuse que franchement déterminée. Victime d’un pouvoir qui lui restait étranger, il ne put que subir les événements qui s’annonçaient. Hollande, victime du syndrome royal, se retrouve aujourd'hui ballotté par des situations, qu’il a en partie contribué à créer, mais qu’il est loin de dominer. En fait, il semble bien qu’il ne contrôle plus rien : le pays est en train de « foutre le camp ». Le cynisme d’une CGT conduite par un mythomane quelque peu mégalo n’a pas peur de tenter la ruine de la France pourvu qu’elle garde sa place devant la CFDT aux élections professionnelles, radicalisation gauchiste qui va vite se retrouver au pied du mur, comme « Nuit debout » qui aujourd’hui s'essouffle parce que déconsidérée par ses excès politiques comme par ses discours paranos, mais qui cependant, vue du dehors, peut se comprendre comme une autre forme de contestation tenace d’un pouvoir épuisé par son insuffisance.

   Seulement, voilà. La relève, parce qu’il faudra bien tourner en 2017 la page de ce socialisme dégénéré à tout point de vue, n’emballe pas beaucoup de monde, hormis ceux qui veulent bien y croire. En dehors d’un sortant qui voudrait bien rentrer – Merci ! On a déjà donné ! - , il n’y a ailleurs guère de personnalité convaincante, et surtout pas les excités de l’ultra gauche puisqu’on vient d’en goûter avec une CGT déjantée et une « Nuit debout » mal réveillée, sans parler d’un Mélenchon bien esseulé ou d’un Besancenot oublié – Qui c’est, votre Besan-bidule ? -.  Mais gare : on peut toujours compter avec la Marine… Hélas…

Posté le dimanche 29 mai 2016.