Chronique d'une mort annoncée

   Il ne fallait pas être grand prophète pour envisager d’aussi piètres résultats. Le « cru » des diplômés de cette année 2015 restera dans les mémoires comme l’un des plus aigres. En faisant les comptes, Mme la Vice-Recteure a annoncé 66% de réussite, toutes filières confondues (contre 72% en moyenne les années précédentes), ce qui selon elle se lisait déjà dans les résultats fort peu encourageants du premier groupe des épreuves des examens terminaux puisque seulement 43% des candidats réussissaient leur examen dès l’écrit. Ne parlons pas du « rattrapage » oral du « second groupe » de l’examen qui corrige toujours à la hausse les tristes produits de l’écrit : un oral est un oral…

   Mais ce qui devient intéressant, c’est que Mme la Vice-Recteure du Territoire des îles Wallis-et-Futuna, en analysant les causes d’aussi maigres résultats, pointe du doigt, et ce sans sourciller, le climat social délétère de l’année écoulée : « ce qu'on peut dire quand même, c'est qu'il y a eu un certain nombre de tensions tout au long de l'année au niveau du lycée. » Rappelons les deux conflits qui ont secoué le lycée : les emplois fonciers et la rupture de confiance entre proviseure et parents d'élèves, cette dernière secrètement entretenue par une poignée d’activistes de « l’ancien régime ». De plus, le blocage de l'aéroport qui a plongé les îles dans la morosité et l'inquiétude a alourdi un climat déjà passablement chargé. Et de conclure : « évidemment, cela n'a pas donné les conditions sereines qu'on pourrait souhaiter pour que les Élèves se préparent à cette épreuve de fin d'année ».

   On comprend dès lors que les Élèves et leurs Professeurs n’aient pu qu’éprouver quelques difficultés à reprendre études et leçons quand certains autres pensant à « leur petite soupe sur leur petit feu dans leur petit coin », pour emprunter une formule au Général de Gaulle, n’avaient cure du souci des autres, large majorité de nos concitoyens insulaires qui ne pouvaient que ronger leur frein ou prendre leurs maux en patience. Quant aux Élèves – dont les examens furent même un instant menacés - qui s’en soucia ? Leurs Professeurs sans doute mais qui n’en pouvaient pas plus…

   Et ce Territoire qui perd de plus en plus d’habitants. Nous serions aujourd’hui un peu plus de 10 000 seulement… Qui en prend peine ? S’il s’agit de la même veine que celle qui se charge de nos Élèves, nous ne pourrons même plus entrer dans l’auberge ! Ses portes resteront fermées.