Dommages collatéraux

  Jeudi 3 décembre (2015), sur la chaine locale de télévision « Wallis 1ère », au JT de 19 heures, nous avons eu droit au bilan des dix jours de blocage de l’aéroport de Hihifo (Iles Wallis, Wallis-et-Futuna), Collectivité territoriale française du Pacifique Sud).

  Si le Préfet a rappelé le caractère inacceptable de cette manifestation d’humeur, d’autant plus que son motif peut apparaître dérisoire, un ministre coutumier, leader du groupe des « bloqueurs », s’est félicité de l’heureuse fin du mouvement, les quémandeurs ayant à ce qu’il semble à peu près obtenu satisfaction.

  Mais deux choses nous ont particulièrement choqués dans son intervention. La première est qu’il n’a eu aucun mot d’excuse à l’endroit du bon millier de personnes qui sont restées en bout de piste tant à Nouméa, qu’à Wallis ou à Futuna. Pas un mot d’excuse pour la vingtaine d’autres personnes qui ont du reporter in extremis leurs rendez-vous médicaux sur Nouméa, dans les centres hospitaliers de la capitale néocalédonienne. Pas un mot d’excuse non plus aux Élèves en Bac Pro et à leurs Parents qui désespéraient de voir les copies d’examen rester au Vice-Rectorat de Wallis, dans l’attente d’un éventuel envoi sur la Nouvelle Calédonie en vue de leurs corrections. Au risque, au cas où rien ne se serait conclu, de voir l’examen purement et simplement annulé.

  La seconde est que le même ministre a, dans la foulée, dit sans sourciller avoir œuvré pour la jeunesse, dans le respect de ce que les anciens ont transmis aux générations actuelles. Outre qu’il ne nous semble pas très malin de conduire un véhicule en regardant derrière son dos, que ce n’est la répétition lancinante d’un passé par nature toujours dépassé qui peut préparer un avenir fécond pour tous, il ne nous semble pas plus que mettre en danger un examen terminal professionnel  et la santé des gens correspond effectivement à un péremptoire et bien imprudent « je travaille pour vous ».

  Les « jeunes » apprécieront, leurs Parents aussi. En continuant de voyager, puisque l’aéroport de Hihifo est de nouveau opérationnel. Pour combien de temps ? Il ne faut jurer de rien…