Intérêts particuliers contre intérêt général.

Depuis le dimanche 22 novembre (2015) après-midi l’aéroport international de Hihifo, sur l’île d’Uvea (Collectivité territoriale française de Wallis-et-Futuna) est interdit d’accès par la grande Chefferie du district éponyme, deux Chefs de villages et une vingtaine de villageois.

La raison en serait que lors de l’acquisition par l’État des 90 hectares de l’aéroport, acquisition en bonne et due forme, des accords verbaux –sic !- auraient été passés entre l’Aviation civile et les coutumiers du district notamment en ce qui concerne les emplois fonciers (emplois liés à la terre occupée) et les travaux nécessaires à l’entretien de cet aéroport. Selon les responsables coutumiers, ces accords ne seraient plus respectés depuis quelques années, d’où cette humeur anachronique, par « abus de pouvoir », qui indispose quelques-uns – les Futuniens aussi d’ailleurs, un ministre coutumier de Sigave l’ayant clairement dit le 26 novembre sur « Wallis 1ère » - tout en satisfaisant quelques autres, histoire sans doute aux yeux de ces derniers de redorer le blason d’une chefferie en perte de notoriété.

Le modus operandi de l’affaire peut cependant en surprendre plus d’un : si le problème existe depuis « quelques années », pourquoi ne pas s’être manifesté plus tôt : est-ce que la circulation de la parole aurait fait défaut ? Et pourquoi avoir mis l’Administration centrale devant le fait accompli dimanche, au lieu de demander une entrevue avec le Préfet auparavant ? Situation bloquée nécessairement par l’évidente maladresse de la démarche.

Quoiqu’il en soit, à l’heure de ce billet, les îles de Wallis et Futuna sont toujours privées de vols domestiques et internationaux, et ce pour satisfaire les irritations de quelques-uns au détriment de l’intérêt des Futuniens et des Wallisiens de l’ensemble du Territoire.

Mais une chose nous chiffonne. Comme on a pu déjà maintes fois le constater, on compte sur ceux qui ont l’audace de créer des entreprises pour les « taxer » d’un ou deux, voire plus, « emplois fonciers ». Et particulièrement l’État : on l’a vu récemment avec le conflit social au Lycée d’État, on le voit aujourd’hui avec celui de l’aéroport de Hihifo.

Aussi bien, d’une part il y a quelque chose de profondément injuste dans cette règle du « droit coutumier » car elle exclut de l’emploi – foncier ou pas – tous les travailleurs qui ne sont ni du village ou du district concerné, ni du terrain occupé ; d’autre part le caractère parasite de la démarche est à mettre en parallèle avec l’incapacité des principaux requérants de cette affaire à créer les conditions nécessaires à l’implantation sur le territoire d’entreprises créatrices de plus-values.

Et après cela on se demandera pourquoi le territoire se dépeuple à « vitesse grand V »…